PATRICK ROUCHON
Né le 28 Juillet 1948, curieusement .......un an après le mariage de ses parents.
Ah, le baby boom.........
Directement traumatisé par la présence simultanée dans la salle de bains/ laboratoire de deux substances à l'aspect identique mais à l'usage différent : le talc et l'hyposulfite de soude.
A survécu.
A eu le bonheur de vivre quelques années dans un mélange analogue maison/travail car le Studio Rouchon se situait dans l'appartement familial et quand il rentrait de l'école, c'était pour sauter sur les genoux de Bettina, Capucine etc.....
A eu son Brownie Flash à 10 ans, sa Bell et Howell à12 ans, sa première guitare (une Hofner et il a fallu lutter) à 13 ans, son premier Mi Majeur à 14.
Son premier concert : Louis Armstrong à l'Olympia à 13 ans.
Premier disque de Rock: Les Chaussettes Noires : 100 % Rock (Yeah)
A eu sa vie changée quand Michelangelo Antonioni a eu la bonne idée de réaliser Blow Up.
Non seulement à cause de la Télécaster que casse Jeff Beck et la musique visionnaire d'Herbie Hancock ................mais
car lorsqu'on lui demandait quel était le métier de son père ( les mères alors travaillaient au foyer ) et qu'il répondait "photographe", pour les gens normaux , cela voulait dire " boutique, mariages et vente de films".
Bande d'ignares. Blow Up leur a tout expliqué, bien que cela se passât différemment à la maison/studio.
Dès lors, on l'a regardé un peu différemment (Patrick).
A fait l'expérience de Mai 68 à Nanterre et à la Cinémathèque française (surtout).
A travaillé quelques année dans le cinéma en faisant tout et n'importe quoi avant de comprendre que ce milieu ne lui plaisait pas.
A trouvé (en bon post ado de l'époque) que le départ de Paris s'imposait et avec une tribu, s'est exilé à Aix en Provence avec une idée visionnaire : monter un lieu qui mélange la restauration, la musique et la vie, dans un quartier populaire.....le pied. Echec commercial et délocalisation foireuse......
mais Sébastien est né.
Retour à Paris et arrivée de Virgile.
Reprise de l'Hasselblad comme si le temps n'existait pas; Papa est très malade et les deux frères Rouchon accompagnent leur père et ses clients jusqu'à prendre le relai (quelle époque.... où la confiance et l'amitié étaient la règle)
A la mort de Jacques Rouchon, Thierry est en voyage et Patrick doit partir, l'équipe est déjà sur place.
Une jonction de quelques heures et Patrick n'assistera pas à l'enterrement de son père.
The show must go on.
Puis Zacharie naît et Patrick se pose la question suivante : un photographe est fatalement intermittent et... comment créer autour de ce métier quelque chose de transmissible, comment apporter la sécurité à sa famille ?
La réponse est venue de la bouche d'Yvonne Charitonidou, alors rédactrice de Beauté au journal Freundin : "c'est sympa votre studio, vous devriez le louer quand il est libre".
Alleluia !
Puis Florence prend la Direction de cette nouvelle entreprise.
Le Studio du Fer à Moulin à l'époque encore partagé par trois entités photographiques distinctes, allait rentrer dans une phase nouvelle qui l'a amené à ce qu'il est aujourd'hui.
A l'époque où Jacques Rouchon a commencé la Photo de Mode, il suffisait d'avoir un appareil; dans les années 70, il fallait avoir un Studio ; maintenant ?
Le succès du Studio, grâce à tous ceux qui ont collaboré, est venu année après année, preuve que la fidélité à des exigences simples et logiques, est une véritable valeur.
Patrick Rouchon, comme son frère, a peu à peu mis sa carriére de photographe entre parenthèses; difficile de tout faire ( "Ce n'est pas que tu es bon à rien, c'est que tu es mauvais à tout" - Marcel Pagnol )
D'autant plus que sa passion pour la musique a fini par lui faire franchir le pas, liée à une autre obsession, née lors d'un voyage photo aux îles Bahamas. La révélation de la beauté de ce pays, de sa population et de sa tradition musicale, méconnue et authentique, a été comme la découverte de racines cachées, et a ouvert une porte pour toujours.
Combien de chances alors, de rencontrer, au moment où il avait décidé de franchir la ligne, de produire un disque, combien de chances de rencontrer une chanteuse bahaméenne habitant à Paris et voulant risquer une aventure discographique avec quelqu'un dont ce n'était pas le métier ?
Il n'y a pas de hasards......juste le destin et surtout les signes du destin.
Au moment où le Fer à Moulin vit des moments de remise en question forcée, comme par hasard ou destin ; alors que le vingt et unième siècle déboule avec ses gros sabots, sa mondialisation, son overdose technologique, et sa cohorte d'hypocrisies ; alors que des solutions se dessinent à l'horizon pour notre survie, pour la pérennité de la Photo à Paris, alors que l'on veut se battre pour pouvoir exercer notre métier, ce CD, cinq ans après, a la reconnaissance que sa musique mérite et Patrick Rouchon vit son rêve d'enfant......
On en est là ....... à suivre............en partie à Bruxelles
Love .......ma famille, et.....Flo, Isabelle D., Kritsyne Rispoli, some Bahamian in Paris
Sebastien, Virgile, Zacharie, Mike, Patricia..........